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Le canal Saint-Denis joue un rôle de premier plan
sur le chantier du prolongement de la ligne 12 du métro
, de la Porte de la Chapelle à la mairie d’Aubervilliers.
Situé à Aubervilliers, le puits du canal est un des
chantiers actifs de ce prolongement. A la fois sur et
sous terre, il est précisément dans le deuxième
bief du canal Saint-Denis, à l'amont du pont de Stains.
Priorité au développement durable
Actuellement, environ 1 million de tonnes par
an transitent par le réseau fluvial de la ville de Paris.
Il s’agit majoritairement de matériaux de
construction (sables et gravier) et des
produits de démolition.
Depuis quelques années la circulation des
gravats et des remblais par voie d’eau se
développe, le site
du puits du canal dédié aux travaux du
tunnelier, en est le plus parfait exemple.
En effet, pour un meilleur respect de
l’environnement, le transport fluvial a été retenu
pour acheminer les éléments préfabriqués
du tunnel (96 000 tonnes de voussoirs) ainsi
que pour évacuer la majeure partie des
470 000 tonnes de déblais.
Ce mode de transport permet ainsi
d’éviter 19 000 trajets par camions.
Plus généralement, l’utilisation de la voie
d’eau permet de limiter de manière très sensible
la circulation des poids lourds aux portes
Nord et Est de Paris.
Le gain écologique est loin d’être négligeable.
Le canal Saint-Denis, ouvert à la navigation
365 jours par an, peut accueillir
des barges de 1000 tonnes, une barge étant
l’équivalent de plus de 30 camions de 35 tonnes.
Le service des canaux mène une politique
active auprès des exploitants
installés sur ses berges afin de développer
au maximum l’utilisation de
la voie d’eau, une alternative pertinente
face à l’engorgement des villes et aux enjeux liés à l’environnement.
Le site de puits du canal situé en bordure
du canal Saint-Denis
Puits du canal est un site stratégique installé
sur le talus entre l’avenue Victor Hugo
et la rue de la Commune de Paris à Aubervilliers,
dans un espace délimité par
le Pont de Stains au sud et le boulevard
Félix Faure au nord.
C’est un chantier où sont regroupées les
fonctions de service du tunnelier.
Le puits permet d’introduire le tunnelier
une première fois pour un tronçon
de 1 860 mètres en direction de Porte
de la Chapelle puis une seconde fois
pour 1765 mètres de tunnel vers la future
station Mairie d’Aubervilliers.
Après travaux il sera aménagé, en phase
transitoire, en accès pompier avec
aération et issue de secours du personnel.
L’activité quotidienne du chantier est rythmée
par les arrivées de voussoirs
et les évacuations de déblais par péniches.
Les deux grandes étapes du prolongement
Financé par la Préfecture de Région, la
Région Ile-de-France, le Conseil général
de Seine-Saint-Denis, le STIF
(Syndicat des transports en Ile-de-France) et la
RATP, le chantier du prolongement de la ligne
12 du métro a débuté en octobre 2009.
La première étape consiste à :
prolonger la ligne 12 jusqu’à la station Mairie d’Aubervilliers;
construire et aménager la station Proudhon-Gardinoux (nom provisoire);
créer un accès supplémentaire à la Porte de la Chapelle.
La fin de cette première phase du projet est
programmée pour 2012 avec
l’ouverture de la station Proudhon-Gardinoux
qui deviendra le nouveau terminus de la ligne 12.
Une seconde étape consistera à réaliser
les stations « Pont de Stains »
et « Mairie d’Aubervilliers » d’ici 2017.
Un tunnelier baptisé Elodie
Le creusement du tunnel de 3,6 kilomètres
est réalisé à l’aide d’un tunnelier
semblable à ceux utilisés pour creuser
le tunnel sous la Manche ou la ligne de métro 14.
Fabriqué sur mesure en
Allemagne, ce tunnelier de haute
technologie a un diamètre
de 9 mètres,
pèse 1350 tonnes et mesure
82 mètres de long.
70 personnes sont nécessaires
pour assurer son bon
fonctionnement 24h sur 24h
et 5 jours sur 7.
Tout en soutenant les
terrains traversés, « l’usine souterraine »
construit le tunnel au fur et à mesure de son avancée à raison
de 12 mètres de galerie par jour en moyenne.
Les travaux ont lieu en présence d’eau, à 20 mètres de profondeur
en moyenne.
Conformément à la tradition des travaux
souterrains, le tunnelier a été baptisé
« Elodie »
du nom de sa marraine conductrice sur la ligne 12.
Comment ça marche ?
Le tunnelier assisté par ordinateur effectue plusieurs opérations :
creusement, soutien des terrains traversés, réalisation du tunnel.
Il est composé de deux grandes parties :
Le bouclier :
c'est la partie qui va creuser et mettre
en place les voussoirs.
Il est lui-même séparé en deux parties,
la roue de coupe qui creuse et la
jupe qui pose les voussoirs et extrait les déblais.
Le train suiveur :
situé à l'arrière du bouclier et posé
sur des rails, il permet d'acheminer
les voussoirs depuis le canal Saint-Denis.
Il possède une cabine de pilotage
assistée par ordinateur, des pompes
hydrauliques, plusieurs moteurs ...
En s’appuyant sur les anneaux du
tunnel déjà posés, les vérins du bouclier
exercent la pression nécessaire au forage.
Le déblai excavé, mélangé d’additifs
pour le compacter, est confiné sous
pression dans la chambre d’abattage.
Il est ensuite évacué grâce à une vis
sans fin vers le train suiveur.
Ce dernier achemine dans le même temps
les voussoirs jusqu’à un
érecteur qui les met en place et les assemble
pour former
un nouvel anneau de 8,80 m de diamètre et
1,80 m de largeur.
Un anneau de voûte est constitué
de 7 voussoirs de 6,8 tonnes chacun.
42 voussoirs sont posés chaque
jour soit un total de 6 anneaux quotidiens.
L’injection de mortier entre les
anneaux et la paroi creusée consolide l’ouvrage.
Lexique
Chambre d’abattage : lieu où
le déblai est provisoirement
confiné puis évacué.
Voussoir : portion préfabriquée du tunnel mise en place
par le tunnelier conjointement au forage.
Roue de coupe : partie rotative qui attaque le sol grâce
à des molettes et couteaux en acier durci.
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