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Europe Ecologie - Les Verts d'Aubervilliers |
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J'ai eu le plaisir de recevoir, le 26 janvier dernier à l'Assemblée nationale, le prix de l'élu local de l'année 2009. Au passage, c'était une vraie razzia pour Europe Ecologie puisque Cécile Duflot est la révélation politique et Daniel Cohn-Bendit la personnalité politique de l'année. Prometteur pour la suite, j'espère!
C'était un moment heureux mais aussi étrange, car j'avais face à moi la ministre des finances Christine Lagarde, que j'aimerais avoir un peu plus à nos côtés quand il s'agit de construire un budget pour Sevran! Hélas l'Etat tarde souvent à nous entendre, mais ce prix est sans doute la preuve que notre travail paie, et que le message parvient à etre entendu, parfois!
Je vous livre ici la présentation qui a été faite pour moi par Gilles Leclerc, Président de la chaîne Public-Sénat, et qu'il avait choisi de titrer : "La banlieue est un combat". C'est vrai: Sevran, et la banlieue en général, c'est un combat. Je le mène et continuerai à le mener, avec toute mon équipe pour les Sevranais et les banlieusards dont je suis. C'est d'ailleurs ce que je ferai dès ce soir, sur le plateau de Direct 8 ce mardi à 21h, face à Fadela Amara, ministre de la politique de la ville.
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"On se plaint beaucoup de la banlieue, on la célèbre rarement. Après les événements de novembre 2005 et la période de violence qui avait d'abord touché la couronne parisienne, la vie continue pourtant.
Loin des caméras, au coeur du fameux 9-3, des élus locaux se battent pour que leur ville continue d'exister. Ils sont devenus de véritables entrepreneurs pour défendre leur commune.
C'est le cas de Stéphane Gatignon, maire de Sevran, ville de plus de 51 000 habitants, parmi les plus pauvres de France.
Une station de métro arrachée à Christian Blanc dans le futur « Grand Huit », le chantier du « Grand Paris », des projets de rénovation pour casser les ghettos des quartiers difficiles, un centre de santé flambant neuf avec accès gratuit aux soins, un conservatoire du végétal bientôt érigé sur les terres désertées par Kodak, l'ancien fleuron de la ville. Pour cela, il a fallu que Stéphane Gatignon remporte un bras de fer avec le géant de la photo : il a obtenu que Kodak prenne en charge l'onéreuse dépollution du site, des dizaines de millions d'euros que la ville n'aurait jamais pu se payer.
Sevran, deuxième commune la plus jeune d'Ile-de-France, peut aussi se targuer d'être une des mieux placées dans le tri des déchets, grâce à une infrastructure de pointe et au sans faute de ses habitants.
Stéphane Gatignon est né en banlieue il y a quarante ans. Depuis, il défend la couronne parisienne en mettant l'accent sur ce qu'il y a de plus positif. Le maire de la ville, en bon historien et fin analyste des évolutions, sait que le centre de gravité du département, en se déplaçant sur son secteur, risque de modifier la physionomie sociale de sa ville qui comporte aujourd'hui plus de cent nationalités. A ses yeux, Sevran doit rester « populaire » et garder ses talents : qu'il s'agisse de la mode, de la musique (rap, slam...), du sport, du théâtre. Ce secteur prend d'ailleurs une place de plus en plus importante dans les cités. Stéphane Gatignon l'affirme : « Le Jean Vilar du XXIème siècle naîtra en banlieue ».
Pourtant, le maire de Sevran ne refuse pas d'évoquer les points noirs de la banlieue. Il est un des premiers à avoir accepté de parler du trafic et de la consommation de drogue, en employant le terme de mafia, dans les cités.
Stéphane Gatignon est inquiet. Il n'hésite pas à déclarer qu'il existe sans doute 4 à 5 millions de consommateurs réguliers de drogue en France et des bénéfices nets qui atteignent pour les trafiquants 150 000 euros par mois à Sevran.
Quant à la violence, elle a atteint un niveau sans précédent. Pour Stéphane Gatignon, les inégalités territoriales minent la région parisienne et constituent de véritables « bombes à retardement ». « Une nouvelle société émerge, écrit-il, dans l'affrontement entre l'Etat de droit et l'Etat de violence qui domine la banlieue ».
D'un côté, Paris, ville-centre musée, et de l'autre, le chaos urbain : son pari est de construire d'urgence un Grand Paris démocratique, fondé sur le suffrage universel, doté d'un service public efficace avec une réelle égalité fiscale.
Le maire de Sevran réclame la suppression de tous les syndicats intercommunaux qu'il juge antidémocratiques, l'abbrogation des lois Boutin, le droit de vote de tous les habitants métropolitains aux élections locales et la garantie de pouvoir se rendre en tous points de la métropole en moins d'une heure à coût unique.
Et pourquoi, suggère-t-il, ne pas installer des ministères en banlieue : exemple, Christine Lagarde à Sevran et Patrick Devedjian à Grigny ...
Quels que soient les aléas politiques, Stéphane Gatignon continuera à mener tous ces combats. Manifestement déçu par les permanents de la Place du Colonel Fabien, il mènera désormais ses batailles sous l'étiquette d'Europe Ecologie. Le maire de Sevran n'a pas convaincu Marie-Georges Buffet de faire alliance avec les militants verts.
Conséquence : il a décidé de rendre sa carte du parti et mènera la liste d'une nouvelle force montante à gauche en Seine-Saint-Denis pour les élections régionales.
Il est la première figure communiste à rejoindre les Verts. Sa bonne connaissance du terrain difficile des banlieues pèsera dans le débat des élections où les représentants d'Europe Ecologie ne veulent pas se laisser enfermer dans la région Ile-de-France dans une caricature de « bobos » parisiens.
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