Partager l'article ! Aubervilliers restreint la vente d’alcool: Après Neuilly-Plaisance, Saint-Denis, La Courneuve ou Bondy,Aubervilliers interdi ...
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Il est désormais impossible, en théorie, de se procurer la moindre canette de bière ou mignonnette d’alcool après 20 heures le soir et jusqu’à 9 heures le matin dans les secteurs du Landy, de la Villette ou du centre-ville, à Aubervilliers. Une mesure drastique prise pour la première fois par le maire Jacques Salvatore (PS) à la suite des bagarres incessantes et des plaintes répétées des riverains.
Dans le secteur de la Villette, les habitants applaudissent l’arrêté municipal qui vient d’être mis en vigueur, mais doutent de son efficacité.
« Près du Franprix, surtout l’été ou les week-ends, dès 16 heures, des attroupements se forment sur le trottoir, témoigne Yacine, un habitant d’une cinquantaine d’années. Il y a de la musique, ça rigole, et, parfois, ça finit en baston. Le soir, personne n’arrive à fermer l’œil. »
Dans ce quartier dense et populaire, les nombreuses épiceries indo-pakistanaises ouvertes jusqu’à minuit, qui jalonnent les rues Ernest-Prévost et Henri-Barbusse, sont pointées du doigt. Toutes assurent faire de leur mieux pour respecter la nouvelle mesure prise par la mairie. « C’est bien d’interdire la vente d’alcool pour limiter le bruit, mais ça ne fait que déplacer le problème sur les épiciers, déplore un responsable du MiniMarket, rue Prévost. Certains clients sont très agressifs, voire violents, quand ils réclament leur bouteille qu’on ne peut plus leur vendre. » Même son de cloche à « l’alimentation générale » voisine, qui ferme chaque soir à 23 heures. « Dès 19 h 30, on vide les canettes de bière du frigo et on met un drap blanc sur les étagères pour limiter les convoitises, explique un jeune vendeur devant des rangées pleines de bouteilles de gin et de whisky. On envisage même de fermer plus tôt. Le soir, on ne vendait que de l’alcool, alors ça ne vaut plus le coup. »
Certes, la plupart des habitants ont noté un niveau sonore « un peu plus bas » ces derniers jours et des patrouilles de police plus fréquentes. « Mais attendons de voir, l’été arrive! » glisse une habitante de la cité voisine, désabusée. Propriétaire d’une épicerie de jour près du Franprix, une commerçante doute de l’efficacité de la mesure. « Le vrai problème ici, tout le monde le connaît, ce n’est pas l’alcool mais la drogue, lâche-t-elle. Les jeunes viennent de loin, en voiture, pour en acheter, boire et fumer sur le trottoir. Cet arrêté ne va rien changer, surtout qu’ils peuvent très bien acheter leur boisson pendant la journée ou ailleurs dans la ville. »
« Mais préméditer une beuverie, ça nécessite de l’organisation, défend le maire Jacques Salvatore (PS). Ces gens essayent souvent simplement de recréer un espace de convivialité dans la rue, ce ne sont pas forcément ceux qui se droguent. »
La police municipale a assuré qu’elle renforcerait ses contrôles. « L’arrêté ne règle pas tous les problèmes, reconnaît volontiers le maire, mais il fait partie d’une batterie de mesures visant à rendre plus contraignante la consommation d’alcool et à limiter les nuisances. »
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