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Europe Ecologie - Les Verts d'Aubervilliers |
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Laissons pousser les fleurs entre les pavés !
Tel est le slogan bucolique d'une initiative qui encourage les citoyens à réintroduire de la nature dans les faubourgs et à prendre la main sur la biodiversité dans les villes.
L’association Laissons pousser !, soutenue par Natureparif (Agence régionale pour la nature et la biodiversité en Ile-de-France), est à l'origine de cette large invitation à semer graminées et fleurs sauvages, pour reverdir ensemble la cité.
Selon un sondage Unep-Ipsos, 70% des français estiment qu’il n’y a pas assez de végétation dans les villes. Une
écrasante majorité d'entre eux jugent en effet que le contact avec la végétation est un élément crucial au quotidien. En Ile-de-France, une personne sur trois regrette de ne pas avoir assez de
liens avec la nature et les jardins. Le spectacle des fleurs, sans oublier leurs précieux pollinisateurs, est un plaisir pour les sens, et le jardinage collectif favorise par ailleurs rencontres,
partages, discussions et lien social.
Avec Laissons Pousser ! , fleurs sauvages et herbes folles conquièrent les espaces urbains « trop propres » ou au contraire délaissés. Myosotis, coquelicots, violettes, fétuques et
pimprenelles se mettent joliment en scène sur les balcons, dans les massifs ou le long des trottoirs. « L'objectif de l'opération, explique Emmanuelle Vibert, qui en est la
co-responsable, est de favoriser la diversité et d'encourager les habitants à agir. Le végétal en ville est une thématique qui a le vent en poupe et nous souhaitions voir les voisins investir
ensemble l'espace public ».
De nombreuses collectivités sont de la partie, au coeur de zones urbaines comme Asnières-sur-Seine, Aubervilliers, Paris, Nanterre ou Suresnes, mais aussi de zones rurales comme le Parc naturel régional du Gâtinais français. Chaque collectivité partenaire distribue des sachets de graines « balcons et jardinières » et « pleine terre » et organise à son idée les plantations. Ronds-points, rebords des fenêtres, squares et terrains vagues deviennent alors la cible privilégiée des semeurs.
Dans chaque ville, la règle du jeu est différente. Certaines confient la mission aux écoles, d’autres choisissent de fleurir intégralement certaines rues, d’autres encore mettent à disposition
des lieux plus singuliers. A Asnières, des riverains volontaires revégétalisent certains espaces totalement minéralisés. A Nanterre, des milliers de sachets de graines sont distribués lors de
permanences organisées sur les sites municipaux. A Viry-Chatillon, les habitants prennent le contrôle botanique des trottoirs. A Paris 20ème, un « commando » refleurit le jardin de Belleville. A
Pantin, une « balade plantée » est organisée. Dans le Parc naturel du Gâtinais français, des centaines d'écoliers viendront prêter main forte aux spécialistes des espaces verts pour semer les
graines de Laissons Pousser !.
Les nombreuses espèces présentes dans les deux sachets ont été sélectionnées par un comité technique de naturalistes,
membres de plusieurs associations : Natureparif, Maison de l'Environnement de Seine-et-Marne, Office Pour les Insectes et leur Environnement, et Noé Conservation. Ils les ont choisies parmi la
flore locale, pour leur caractère sauvage et leur pouvoir nectarifère, et en prenant bien soin d’éviter les espèces invasives.
L’introduction de ces fleurs et graminées facilite en particulier la circulation de la faune dans les villes, recréant de-ci de-là de petits écosystèmes. Laissons-pousser ! invite ainsi
ses semeurs à participer aux campagnes de sciences participatives comme le SPIPOLL mené par l'OPIE, et les opérations « Papillons & Jardin » et « Escargot » menées par Noé Conservation. A
Nanterre, les experts de la ville donnent des conseils pour fabriquer des refuges pour les insectes.
Dans la plupart des collectivités inscrites dans cette campagne, les ruches s'installent. A Paris, elles sont plusieurs centaines. A Nanterre, le miel sert de baromètre à la qualité de l'air. A
Conflans-Sainte-Honorine, elles sont installées dans un jardin d'insertion membre du réseau Cocagne et producteur de légumes biologiques.
La biodiversité n’est pas seulement une affaire de grands espaces naturels, de forêts ou d’océans. Cette opération est
un moyen de (re)découvrir la nature de façon ludique et de porter un nouveau regard sur les « mauvaises herbes ».
Cette compréhension et cette acceptation du « désordre » sont nécessaires pour le succès des modes de gestion écologique des espaces verts, qui prônent par exemple la réduction de la lutte
chimique, le mélange des espèces et la fauche tardive.
Ces pratiques plus durables impliquent un retour des herbes folles au pied des arbres et des touffes de fleurs sur les ronds-points, au grand plaisir des abeilles, des papillons et des oiseaux. «
C'est enthousiasmant de voir toutes les réactions que l'opération suscite, conclut la co-responsable, le jardinage rend les gens heureux. Ces expériences sont poétiques. Elles créent
du lien, embellissent la vie et valorisent le travail des espaces verts ».
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