Mercredi 8 septembre 2010
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Insertion réussie pour des Roms installés à Aubervilliers De Caroline TAIX (AFP) – Il y a 8 heures AUBERVILLIERS — Dans le village d'insertion d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), les Roms parlent
français, ont des papiers, un travail : un exemple mis en avant par des associations et des politiques pour montrer qu'il existe des alternatives à l'expulsion. Treize familles vivent dans ce
village, qui existe depuis bientôt quatre ans, dans des petits bâtiments modulaires aménagés en appartement. Six autres ont déjà été relogées dans le parc social. "L'esprit, c'est de favoriser
l'insertion professionnelle et sociale", explique Christophe Auger, délégué général de l'association ALJ 93, très impliquée dans ce village. Dans les logements, les familles ont accès à l'eau, à
l'électricité. Chacun a obtenu un titre de séjour et les adultes ont été accompagnés pour trouver un emploi. Les enfants ont l'obligation d'être scolarisés : la plus jeune habitante du village
vient d'entrer en maternelle, le plus âgé est lui en lycée professionnel, pour se préparer à travailler dans le bâtiment. Steluta, 16 ans, vient, elle, d'entrer en troisième, à Saint-Denis. "La
première fois que je suis venue (dans le village), j'étais très contente : il y avait tout dedans, même des douches !", raconte-t-elle, enthousiaste. Elle est née en Roumanie, arrivée en France il
y a quatre ans. "Avant, on était à l'hôtel, dans la rue", poursuit-elle dans un très bon français. Elle fait visiter, fière, le petit logement qui compte deux chambres, où elle vit avec cinq frères
et soeurs et ses parents. Son père travaille dans le bâtiment et sa mère est couturière. Il existe six sites similaires en Seine-Saint-Denis, un département qui compte de nombreux bidonvilles
occupés par des Roms. Il y a d'autres expériences en province, et des villages pourraient naître ailleurs en Ile-de-France. Lors d'une visite le 5 septembre à Aubervilliers, le président de la
région Jean-Paul Huchon (Parti socialiste) et le député Daniel Goldberg ont appelé au développement de ces villages d'insertion. De plus en plus de communes seraient intéressées, selon M. Huchon.
"Ce lieu de vie prouve que d'autres voies existent qui concilie dignité de l'homme et sauvegarde de l'ordre public", selon lui. Le coût est cependant élevé: 350.000 euros par an pour le village
d'Aubervilliers, financé principalement par l'Etat et la mairie, ainsi que par la communauté d'agglomération et la région. Un résident, Adrien, père de deux enfants, qui préfère ne pas donner son
nom, explique que des Roms "sont jaloux" de ce lieu de vie. Le village est d'ailleurs "sécurisé" pour éviter d'autres installations. "J'aurais du mal à vivre ici si quelqu'un de ma famille était
dans un bidonville", reconnaît-il. Par rapport aux expulsions de Roms vers leur pays d'origine, il se dit "honteux". "Je le croyais plus fort, Monsieur Sarkozy", ajoute Adrien. Pour Christophe
Auger, ce type de village est "bien adapté pour les Roms qui ont des projets de vie en France, (...) mais n'est pas une réponse pour ceux qui font des allers-retours avec leur pays d'origine".
Sylvie Guichard, de la fondation Abbé Pierre, estime que "c'est une des solutions les plus abouties". "Il y a des solutions possibles", martèle-t-elle, soulignant que les Roms sont quelques
milliers en France. Le principal est, selon elle, "de leur donner accès au travail". Comme M. Auger, elle espère que la polémique va s'apaiser, afin de pouvoir reprendre un travail serein avec les
Roms. Copyright © 2010 AFP. Tous droits réservés. Plus »
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